Echouage : 16 kg de plastique retrouvés dans le ventre d’une baleine à bec de Cuvier

Samedi 8 mai 2021, en fin de matinée un cétacé a été retrouvé échoué sur la plage de Messanges dans les Landes. Jusqu’ici rien de bien exceptionnel pour une année marquée par de très nombreux échouages sur la côte Atlantique. Cependant, cette fois-ci ce n’était pas un dauphin, mais une Baleine à Bec de Cuvier d’environ 5 mètres de long. Bien que l’échouage de cette espèce soit rare, il n’en est pas pour autant exceptionnel. Il arrive d’en retrouver sur les plages du même secteur  deux à trois fois par an selon Pascal Ducasse, correspondant Pelagis.

Copyright : observatoire Pelagis

 

La Baleine à bec de Cuvier (Ziphius Cavirostris), est une espèce appartenant au sous-ordre des odontocètes (cétacés à dents). Elle est la seule représentante du genre de Ziphiidés en France Métropolitaine (Atlantique et Méditerranée). C’est une espèce très discrète, qui est observable sur des grandes profondeurs comme les canyons sous-marins. Elle remonte à la surface après de longues plongées d’environ 2 heures et sonde jusqu’à plus de 2000 mètres. C’est pourquoi, c’est une réelle chance de croiser sa route !

Elle est reconnaissable par sa mâchoire inférieure plus longue que la supérieure. Les mâles présentent deux dents au bout de la mâchoire inférieure. De par sa discrétion, peu de données sont disponibles sur l’espèce. Elle reste donc en grande partie un mystère pour les scientifiques.

Dans le cas de cette Baleine à Bec, 16 kg de plastique ont été retrouvés dans son estomac. Cela reste rare, même si ça a déjà été observé à plusieurs reprises sur des cétacés échoués. Comme par exemple en 2019, 22 kg de plastique ont été retrouvés dans l’estomac d’une femelle cachalot gestante.

Comme le précise Itsas Arima dans sa publication, l’impact de la pollution plastique sur les cétacés est considéré comme indirect. Les cétacés, à la différence des tortues marines ou d’autres animaux marins, ont une vision très développée et font la différence entre un sac plastique et une proie. Cependant, ils ingèrent tout de même du plastique à travers la chaîne alimentaire, en mangeant leur proie, qui ont elles-mêmes ingéré du plastique. C’est ce que l’on appelle la bioaccumulation.

En plus du plastique dans son estomac, cette Baleine à Bec de Cuvier présente une maladie parasitaire importante et un fort amaigrissement. Dans ce genre de situation (animaux malades), il est possible qu’il y ait ingestion de macroplastique par inadvertance. Ou encore parce qu’à cause de leur état de santé, les individus se rabattent sur la première chose à disposition. Ce macroplastique ingéré va obstruer la voie digestive et causer une mort lente et douloureuse à l’animal.

Même si ce cas reste exceptionnel, nous savons à l’heure actuelle que la pollution plastique est présente partout dans les océans. La Méditerranée, de par le fait d’être une mer semi-fermée avec un littoral très urbanisé, est considérée comme l’une des mers les plus polluées au monde. En 2019, une étude scientifique réalisée par Alexiadou et al., avait conclu que la majorité des Cachalots échoués en Méditerranée depuis 2001 étaient morts à cause d’une obstruction de leur estomac par du macroplastique. Sur toutes les données d’échouages de cétacés qu’ils avaient pu recenser pour l’étude, la moitié des cétacés (toutes espèces confondues) retrouvés échoués ont ingéré du plastique, bien que ce ne soit pas forcément la cause du décès.

Cette pollution est un fléau pour la vie marine, mais il est encore temps d’agir même à petite échelle, en triant nos déchets, en diminuant les objets en plastique à usage unique ou même en privilégiant la consommation en circuit court par exemple !

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